L'apostasie dans l'Islam

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L'Apostasie (ارتداد, irtidād et ridda ردة), c.a.d. le rejet de la foi, a été et demeure une grave offense à l'Islam. La punition pour l'apostasie, prescrite par le Prophète Mahomet, est la mort. Un renégat ou apostat (مرتد murtad) qui cache son apostasie est un munāfiq (منافق hypocrite).

Définitions

Dans l’Islam, le rejet partiel (d’un des piliers ou de principes individuels de l’Islam), ou la renonciation à la foi comme un tout, conduit à l'état d’apostasie.[1] Ce n’est pas une mince affaire pour un apostat ou un croyant hétérodoxe de l’Islam, car la punition pour l’apostasie de la foi islamique est la mort. Bien qu’il ait été argumenté que ceci n’est pas clair dans le Coran seulement, les érudits ont trouvé la justification de cette peine dans ses pages, et il y a de nombreux Sahih (authentiques) hadiths confirmant que ce châtiment a été attesté par le Prophète Muhammed. Dans le Sahih Bukhari, on lit que l’apôtre d’Allah dit, “Quiconque change sa religion islamique, alors tuez le”,[2] et c'est aussi l'une des trois raisons que Muhammad donne pour que tuer un Musulman soit permis.[3]

Contexte historique

Une évaluation de l’attitude de l’Islam face à l’apostasie ne serait pas complète sans explications sur la représentation politique de la religion. L’Islam est essentiellement un système tribal qui était à l’origine de la composition sociale de l’Arabie du Nord. La société, au sens absolu du terme, n’avait jamais existé dans le nord, avant l’Islam. Tout ce qui existait là était un certain assemblage qui n’avait jamais prospéré ni évolué vers une société pleinement structurée, pour différentes raisons. Une de ces raisons était que la majeure partie du temps, les nomades erraient dans le désert. La religion n’était pas une affaire personnelle mais une affaire commune dans l’Arabie pré-islamique. Déserter la religion alors équivalait à une trahison envers le clan, et comme telle, était punissable de mort. La peine de mort a été incorporée à l’Islam pour apostasie et doit être mieux comprise à travers le prisme tribal clanique. Mohammed appartenait à ce mode de vie, mais remaniait la société et il a agi de la sorte en regroupant certaines tribus sous un toit commun sans sacrifier beaucoup aux normes existantes. Mahomet réussit et alors ne s’aventura pas à courir le risque de s’affranchir des préceptes claniques tribaux pré-existants Il les assimila dans la nouvelle religion. La punition prescrite pour l’apostasie était une des pratiques anciennes que Mahomet annexa pour sa convenance dans son ‘cadre de référence’.

Période post-Mahomet

Nous n’avons pas connaissance d’apostats qui ont été tués pendant la vie de Mahomet pour le crime spécifique d’apostasie. Ceci est largement dû à l’absence d’individus apostats pendant la vie de Mahomet. Cependant dans un des hadiths de Sahih Bukhari, Mahomet a été vu déportant un Bédouin qui désirait renoncer à sa religion. Cet incident isolé n’indique nullement que Mahomet considérait l’apostasie comme quelque chose en dessous de la trahison ou un crime passible de mort. Cet incident supposé survint dans les premiers temps de l’Islam à Médine où l’Islam de Mahomet et ses 'révélations' étaient incomplètes et constituaient les prémices lointains de tout le mode de vie qui devait survenir au moment de cette mort. Après la mort de Mahomet et sous le Caliphat d’Abu Bakr, plusieurs apostats ont été tués pendant les longues “guerres de Riddah (guerres de l’apostasie)”. Ceci atteste du fait que l’apostasie était déjà devenue un crime sérieux contre l’Islam et n’était pas une dernière innovation. En fait, il existe un verset coranique [4] qui incitait Abu Bakr à combattre contre les gens qui refusaient de payer l’impôt. Ces gens ne rejetaient pas l’Islam en totalité mais refusaient de se soumettre à l’un des cinq piliers, la (Zakat). Comme les historiens l’ont attesté, Abu Bakr prit les armes contre eux dans une guerre sanglante qui dura un an (632–633 AC). Le Calife ne baissa pas les armes tant que les rebelles ne furent tués ou aient reversé la zakat et accomplissent l’Islam. Il y a aussi plusieurs récits qui rapportent que les commandements de Mahomet ont été suvis par ses compagnons, avec les athées[2], les Chrétiens,[5] et les juifs[6] mis à mort pour avoir quitté l’Islam.

La Charia

Un érudit du XXe siècle, Abul A’la Maududi, théoricien pakistanais de la guerre sainte, affirme "Mais en vérité, l’Islam n’est pas le nom d’une « religion »… l’Islam est une idéologie révolutionnaire et un programme qui vise à altérer l’ordre social du monde entier et à le reconstruire en conformité avec ses idéaux"[7]. Il défend un système politico-religieux (théocratie) où la loi est la loi islamique (Charia), application du Coran considéré comme étant la parole de Dieu (Allah). Le système juridique islamique sur l’apostasie est donc dérivé des paroles d'Allah et de son Prophète, Mahomet (Paix sur Lui), et des actions ci-dessus mentionnées du Calife et des autres compagnons. Quiconque rejette un des piliers de l’Islam est considéré comme commettant un crime qui lui garantit la guerre, il est logique que le châtiment prescrit pour l’apostasie dans l’Islam soit la mort. L’Imam Abu Hanifa’s le prescrit, comme constaté dans Al-Shybani's Kitab al-Siyar, qui donne à l’apostat une période de réflexion (au plus deux jours) afin de revenir à l’Islam ou faire face à la peine de mort. Toutes les quatre écoles de jurisprudence Islamique sont d’accord avec cette règle avec seulement quelques petites variants sur l’octroi ou non de la période de réflexion.[5] L’école Hanafi de jurisprudence islamique pense que les femmes apostates sont une exception à la régle et ne doivent pas être tuées mais battues, et enfermées jusqu’à la mort ou la repentance, tandis que les autres écoles Shafi'i, Maliki et Hanbali sont toutes d’accord avec l’application de la même condamnation à la femme apostate qu’à l’homme.[8]

Musulmans d'aujourd'hui

Pendant au moins 1.400 ans, la punition pour l’apostasie a été la mort. Ce n’est que récemment que ceci a été contesté, principalement par des apologistes de l’Islam des pays de l’Ouest. Cependant, un nouveau sondage, daté du 2 décembre 2010, révèle que même de nos jours “La majorité des Musulmans serait favorable à un changement des lois dans leurs pays [ ] permettant la lapidation comme punition de l’adultère, l’amputation pour vol et la mort pour ceux qui se convertissent, l’Islam étant leur religion”.[9][10]

Pour vous donner une idée du type de concepts que nous traitons, nous allons utiliser un exemple pakistanais : un sondage de 2010 a prouvé que 76% des Pakistanais sont d’accord avec l’assassinat des apostats. Dans un pays avec une population de 172,800 millions d’habitants[11], 96% d’entre eux étant Musulmans, [12] celà veut dire que ce sont 126,074.880 millions d’individus d’un seul pays. Inversement, seulement une minorité de 13% de Musulmans sont opposés au meurtre des apostats. Si nous devions assumer une position politiquement correcte selon laquelle, les Musulmans qui épousent de telles idées sont des extrémistes qui comprennent mal les “pacifiques” enseignements de l’Islam, alors nous devons aussi concéder le fait que la majorité mondiale des Musulmans est extrémiste. Ils ne sont pas un simple 'groupe marginal '.

Conclusion

Aussi, avec tous les points considérés, nous pouvons correctement conclure que la règle de l’Islam est de mettre à mort les apostats s’ils refusent de revenir à leur foi Islamique. Cette régle reste vraie vis-à-vis de le secte des Chiites,[13] lesquels réunis avec les Sunnites constituent la presque totalité de la population du monde musulman.[14][15]

Voir aussi

Traductions

  • Une version de cette page est aussi disponible dans les langues suivantes : anglaise, tchèque.

Liens externes (en anglais)

Références

  1. Questions sur l'Apostasie (Blasphème) - Al Sunna.org
  2. 2.0 2.1 M. Muhsin Khan (Translator) - Sahih Bukhari Volume 9, Book 84 - Dealing with Apostates, Number 57 - USC-MSA, Compendium of Muslim Texts
  3. M. Muhsin Khan (Translator) - Sahih Bukhari Volume 9, Book 83 - Blood Money (Ad-Diyat), Number 17 - USC-MSA, Compendium of Muslim Texts
  4. "Mais quand les mois interdits sont passés, alors combattez et tuez les Païens partout où vous les trouverez, capturez les et gueetez les dans toutes les embuscades (de guerre); mais s’ils se repentent, accomplissent les prières (Salat) et pratiquent la charité normale (Zakat) alors ouvrez leur la voie vers Allah : car Allah est celui qu pardonne, le Très Miséricordieux." - Coran 9:5
  5. 5.0 5.1 Abul Al'a Maududi - The Punishment of the Apostate According to Islamic Law - Islamic Publications Ltd., Lahore, 1963
  6. M. Muhsin Khan (Translator) - Sahih Bukhari Volume 9, Book 84 - Dealing with Apostates, Number 58 - USC-MSA, Compendium of Muslim Texts
  7. (en) Syed Abul A'la Maududi, Jihad in Islam [« Al-Jihad fil Islam »], Salimia (Koweit), International Islamic Federation of Student Organizations, 13 avril 1939, 33 p., trad. Fr.
  8. 'Abdurrahmani'l-Djaziri - The Penalties for Apostasie in Islam According to the Four Schools of Islamic Law - "The Case of the Female Apostate" (Pg. 19)
  9. Devonia Smith - Sondage de Pew : La plupart des Musulmans sont favorables à autoriser l’Islam à lapider, amputer et mettre à mort - Examiner, 8 décembre 2010
  10. Survey Reports - Les publics Musulmans divisés entre Hamas et Hezbollah - Centre de recherches Pew, 2 décembre 2010
  11. 2008 World Population Data Sheet - Population Reference Bureau
  12. Population By Religion - Statistics Division, Government of Pakistan
  13. A Shiite Opinion on Apostasie - Originally from Kayhan International, March 1986
  14. Comparison of Sunni and Shia Islam - ReligionFacts, accessed October 4, 2011
  15. Tracy Miller - Mapping the Global Muslim Population: A Report on the Size and Distribution of the World's Muslim Population - Pew Research Center, October 2009